TROISIÈME PARTIE
Le Pélerin
Voyez le jour se lever
Sur le mont, sur la forêt.
Une lueur orangée
Auréole le moustier.
L'âme d'Odile est présente :
Sa voix, sa douceur ardente.
Le Chœur des servantes
Odile par son père écartée
Témoigna de grande humilité.
Âme tranquille, douce et patiente,
Pleine de compassion ardente.
Le Pélerin
Humez la douceur de l'air,
Et les senteurs de la terre,
D'où jaillissent les sapins,
Qui hérissent le chemin.
L'âme d'Odile est présente:
Sa voix, sa douceur fervente.
Le Chœur des servantes
Âme tranquille, douce et patiente,
Pleine de compassion ardente,
Elle voulut toujours partager
Avec ceux qui souffraient, éprouvés.
Le grand Chœur
Âme tranquille, douce et patiente,
Pleine de compassion ardente.
Le Pélerin
Dans le bois, ombre et lumière,
Humez la douceur de l'air !
Les troncs se teintent de gris.
Du fourré un merle fuit.
L'âme d'Odile est présente :
Sa voix, sa douceur ardente.
Le Chœur des servantes et des moniales
Odile fut une âme patiente,
Dévouée, solitaire et fervente.
Le Grand Chœur
Odile fut une âme patiente,
Dévouée, solitaire et fervente.
Âme tranquille, douce et patiente,
Pleine de compassion ardente.
Le Pélerin
Voyez le ciel se coucher.
Les arbres sont incendiés.
Sur le ciel incandescent,
Paraît le visage ardent
D'Odile à l'âme de feu.
Son regard est lumineux.
Le Chœur des moniales
Âme d'amour, âme de feu,
Dévouée tout entière à Dieu.
Âme d'amour et d'oraison,
Priant jusqu'à l'apparition
Des étoiles au Firmament,
Elle louait en travaillant
Le Seigneur avec dévotion,
Abîmée dans l'adoration.
Âme d'amour, âme de feu,
Dévouée tout entière à Dieu.
Le Pélerin
Voyez le jour se coucher
Sur le mont, sur les rochers.
Et les flammes embrasent l'air
Au-dessus du Monastère.
C'est l'âme d'Odile en feu,
Son cœur lumineux, radieux.
Le Chœur des moniales
Âme d'amour, âme de feu,
Dévouée tout entière à Dieu !
Le grand Chœur
Âme d'amour, âme de feu,
Dévouéée tout entière à Dieu !
Le Pélerin
Et nous, simples pélerins,
Nous avons fait le chemin
Vers la montagne isolée,
Le sanctuaire élevé.
Sur la crête des Vosges juché,
Le Monasèère est isolé.
La nuit, les arbres sont glacés.
La porte est loin pour y frapper.
Las, épuisé un pélerin
Tomba sur le sol en chemin.
Odile sur lui se pencha,
D'un bâton le rocher frappa.
Une source pure en jaillit,
Ranimant l'homme évanoui.
Le Chœur des moniales et des pélerins
Et en signe de souvenir,
De reconnaissance éternelle,
Preuve de mémoire fidèle,
Odile, nous t’avons offert
Devant le second monastère
Les trois tilleuls du souvenir.
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