AVERTISSEMENT
Dans un espace scénique éclaté, morcelé en cinq parties – scène divisée en trois, avant-scène, salle - se déroulent deux émissions télévisées retransmises derrière deux écrans géants, avec, en alternance et devant les écrans, le spectacle de téléspectateurs regardant ces émissions ; enfin, le débat sur ces trois événements a lieu sur l'avant-scène et dans la salle.
Il s'agit d'un véritable collage d'espaces incompatibles n'appartenant ni au même temps ni au même monde. Cette fragmentation de l'espace et du temps est recentrée par la présence d'un Maître d'œuvre à la fois présentateur de télévision et Metteur en scène du spectacle théâtral, en concurrence directe avec le vrai Metteur en scène qui fait une brève apparition sur le mode conflictuel.
Ainsi assiste-t-on à un va-et-vient perpétuel entre espaces et temps, obligeant le spectateur à intégrer des éléments dispersés impossibles à unifier. Il s'ensuit une incessante contradiction (est-on à la télé ou au théâtre ?) et une ambiguïté constante (qu’est ce que cela veut dire ?).
C'est la scène finale qui donne la clé, puisque les émissions débordent les écrans géants, envahissent les autres lieux scéniques, mêlant les acteurs dans une danse endiablée. Le débat critique antérieur est balayé par l'atmosphère de fête et la phrase-clé inlassablement répétée par un mannequin immobile dans la salle : « Fascinant ! Vous êtes fascinant l Pierre Lefranc, vous êtes fascinant !»
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