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écouter la musique de scène

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Anne Basc Polars
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Retoursources

 

RETOUR AUX SOURCES

Une satire des « masques » sociaux actuels et moins actuels : la « psychologie » de tous bords, la nouvelle pédagogie, l’intellectualisme prétentieux à la mode, les « expériences » télévisées en tout genre…

Et justement, nous voici, par la grâce d'une caméra de TV, dans une grotte, en compagnie d’un psychiatre, d'un Chanoine, d'une Directrice, d’une jeune adepte du yoga... Ce n'est qu'un jeu télévisé, expérience de survie sans conséquence…

Hélas ! Une panne de frigo et un éboulement transforment le jeu en drame et ni la psychologie, ni le yoga, ni la « nouvelle pédagogie », ni la religion ne sont d'aucun secours à nos malheureux sinistrés.

Seule garde la tête froide la jeune Amelie, qui semble tout droit sortie d'un roman de San-Antonio.

Dehors, c'est le plateau de TV d'abord guindé et maintenant livré aux remarques acerbes ou affolées des parents ou amis des sinistrés. Le sourire de commande de la Réalisatrice se transforme en crispation.

Il y a encore un « réparateur », brave homme porteur de catastrophes, figure dérisoire qu'a choisi de prendre le Destin de ces personnages, engagés dans des péripéties tragi-comiques...

Ce reportage télévisé paraissait pourtant étudié pour remporter le plus vif succès Une expérience de survie dans une grotte, rassemblant les personnages les plus hétéroclites : un chanoine, une enseignante, une toute jeune fille au franc parler, un séminariste, une adepte du yoga, un psychologue un peu excentrique, une Directrice d'école !… De plus, on avait pris soin d'aménager pour les volontaires des conditions relativement confortables. - des vivres, entreposées dans un frigo, des liaisons radio et télé régulières... Et d'emblée s'était installée une ambiance mondaine. Hélas, l'expérience confortable et mondaine se transforme en véritable expérience de survie : nos malheureux volontaires sont isolés pour de bon, privés du précieux courant électrique qui assurait leur approvisionnement.. Alors les masques tombent, chacun oublie politesse et mondanité pour montrer son vrai visage - égoïsme féroce, faiblesse ou caractère odieux apparaissent sans fard...

Comment se sortir d’une véritable expérience de survie, quand on croyait participer à un show télévisé soigneusement orchestré, pour ne pas dire "complètement truqué" ? Les péripéties se succèdent et le rire jaillit, parfois grinçant, il est vrai, jusqu'à l'émission finale qui sonne le glas des ambitions de la jeune speakerine à l'origine de ce désastre télévisuel...

 

 

ÉCHEC À LA VIEILLE

Dans un Château perdu dans la Lande, à 100 kilomètres de toute habitation, une riche impotente, Mme Van der Velde, a convié les plus célèbres héros du siècle (San Antonio, James Bond, Hercule Lupin, petit-fils d'Arsène...) à retrouver ses fils jumeaux disparus. Hélas, nos piètres héros ne dévoilent pas grand-chose, à part leur penchant prononcé pour le « beau sexe »... Et les vols et les disparitions se multiplient pour ainsi dire à leur barbe ! Qu'à cela ne tienne ! Héros envers et contre tout, ils garderont jusqu'au bout leur image de marque, les San-A, les Bond, les Marple, les super vamps, dans un climat de dérision explosive...

Échec à la Vieille est une comédie policière divertissante. Elle met en scène une femme excentrique, impotente et tyrannique qui a réuni dans son Château les figures mythiques des romans policiers et d’espionnage. James Bond y côtoie miss Marple, San Antonio et le mystérieux Hercule Lupin, petit-fils d’Arsène dont le prénom, réminiscence d’Hercule Poirot, est destiné à conjurer une dangereuse hérédité .. Tout ce monde est chargé de la disparition des jumeaux de la "Vieille" dont la maisonnée - nièces, dames de compagnie, gouvernante - guigne la mirobolante fortune. De coup de théâtre en coup de théâtre, on s'achemine vers un dénouement délirant destiné à mettre en relief le narcissisme et le « machisme » des mythes littéraires au vingtième siècle.

 

DIVERGENCES

 

Extrait de la lettre de Yannick Mancel (19/04/90) écrite en réponse à l’envoi de manuscrits au TNS

« …Mais c'est assurément Divergences qui m'a le mieux convaincu : on y retrouve d'abord votre goût pour la satire - en l'occurrence celle des mondanités artistiques et littéraires en tous genres, de l'affairisme culturel aussi... Mais dans tout ce grenouillage de snobisme, de fric et de sexe, vous assignez à votre personnage féminin, Ariane, un beau parcours : résistance, lucidité, dignité, prise de conscience ... La fin est émouvante et poétique, comme dans les films de Chaplin : ce monde pourri sera-t-il sauvé par la femme et l'enfant qui osent partir et dire non ? »

Analyse

Ariane, artiste céramiste est mariée à un imprésario, pour qui ne comptent que l’argent et les relations superficielles, Théodore.

La pièce est l’histoire d’une brutale prise de conscience qui va l’amener à s’éloigner, sans rien dire, de ce milieu dont elle ne partage aucune des valeurs.

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Dans un espace scénique éclaté, morcelé en cinq parties – scène divisée en trois, avant-scène, salle - se déroulent deux émissions télévisées retransmises derrière deux écrans géants, avec, en

alternance et devant les écrans, le spectacle de téléspectateurs regardant ces émissions ; enfin, le débat sur ces trois événements a lieu sur l'avant-scène et dans la salle.

Il s'agit d'un véritable collage d'espaces incompatibles n'appartenant ni au même temps ni au même monde. Cette fragmentation de l'espace et du temps est recentrée par la présence d'un Maître d'œuvre à la fois présentateur de télévision et Metteur en scène du spectacle théâtral, en concurrence directe avec le vrai Metteur en scène qui fait une brève apparition sur le mode conflictuel.

Ainsi assiste-t-on à un va-et-vient perpétuel entre espaces et temps, obligeant le spectateur à intégrer des éléments dispersés impossibles à unifier. Il s'ensuit une incessante contradiction (est-on à la télé ou au théâtre ?) et une ambiguïté constante (qu’est ce que cela veut dire ?).

C'est la scène finale qui donne la clé, puisque les émissions débordent les écrans géants,

envahissent les autres lieux scéniques, mêlant les acteurs dans une danse endiablée. Le débat critique antérieur est balayé par l'atmosphère de fête et la phrase-clé inlassablement répétée par un mannequin immobile dans la salle : « Fascinant ! Vous êtes fascinant l Pierre Lefranc, vous êtes fascinant ! »

Le spectacle se veut essentiellement visuel et musical, s'adressant aux sens autant qu'à la parole : d'où le recours à la musique (un véritable orchestre rock), à la danse (show de danseurs ), à l'éclairage, au décor violemment symbolique, aux bruitages. Tout effet de « sourdine » est proscrit.

Le personnage du Maître d'œuvre est double, apparemment dégoulinant d'amabilité mais en réalité tyran total, à l'image d'une TV où tout ne peut être, par nature, qu'un monologue devant un téléspectateur muet, faux débat, débat truqué, fausse vérité ...

Par là est dénoncé le danger d'une télévision qui impose ses idées, ses images, sous couleur de respecter le spectateur : faussement objective. Et l'on sait combien ce danger a pau paraître cuisant à l'heure de la retransmission directe de certains reportages.... faussement vrais...

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Callirhoe
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Faussesverites

 

CALLIRHOÉ - Tragi-comédie

DNA, mercredi 4 juin 1986

Collège Kléber : Les Grecs et nous au théâtre

La « Troupe des hellénistes » du Collège Kléber. Des élèves de troisième, qui arrivent au terme de tout un cycle scolaire, où le Grec et le théâtre ont ensemble trouvé une place particulière, fêtée lundi soir dans une salle polyvalente qui laisse rêveur quant à ce que sont les équipements culturels ou artistiques de nos grands établissements scolaires.

À l'affiche : « Callirhoé », un point aveugle dans la culture hellénistique de la plupart d'entre nous sans doute, et pour cause : la mythologie est revisitée dans une pièce d'Anne Basc, enseignante, qui recompose l'histoire d’Agamemnon, I’histoire du roi de Sparte qui au retour de la guerre de Troie trouve Egisthe dans le lit de sa femme Clytemnestre, est assassiné par les deux amants, et vengé plus tard, par son fils Oreste et sa fille Electre...

Antoine Wicker (extraits)

MON FRÈRE, MON AMOUR

Il s’agit d’un drame historique romain, inspiré de l’histoire des Claudii, au temps de César. La belle Clodia est passionnément amoureuse de son frère dont elle subit l’emprise maléfique. Car Clodius est un être violent qui utilise l’amour de sa sœur pour sa carrière politique. Pour lui, elle assassine son mari Quintus Metellus et décourage son amant, le poète Catulle. Femme émancipée, elle se perd par amour…

Tableau haut en couleurs, violent et contrasté, à l’image de cette époque troublée qui n’est pas sans rapport avec la nôtre.

Souterrain

 

SOUTERRAIN

Le scénario s’inspire de faits divers récents : la tournure dramatique prise par des jeux de rôles d’adolescents. Par ce biais sont posés les problèmes de communication, d'insertion professionnelle rencontrés par la jeunesse actuelle : l'Ecole, les Médias, la Famille proposent des solutions qui ne paraissent plus répondre à ces temps de crise et sont radicalement remises en question par Léna, l'héroïne de la pièce, suivie d’abord par son ami Simon, secrètement fasciné par elle, puis par tous les personnages de la plèce.

Or le jeu de rôles se termine mal : la remise en question est donc elle-même remise en question ! Et la pièce se résout par un chaos de répliques inaudibles rendant toute solution indéchiffrable.

À nous tous de travailler à la découvrir, s’il en est encore temps…

 

FORME DE LA PIÈCE

La pièce a été conçue pour laisser une grande place à la bande-son. Celle-ci joue le rôle d'un véritable personnage, puisqu'elle symbolise le monde extérieur faisant à intervalles réguliers irruption dans le souterrain, soit par les soupiraux soit par la salle ou la

scène, tandis qu’une immense chaudière fait le lien entre le monde d'en haut et le monde souterrain, actionnée par un personnage à mi-chemin entre le mythe et la réalité, le Gardien. Celui-ci est chargé d'entretenir la flamme et de faire régner un ordre dont on s'aperçoit très vite qu'il lui est indifférent.

L’amour n’est pas absent de ce monde sombre et inquiétant, mais la fascination qu’exerce la jeune Léna sur son ami Simon s'avère maléfique : Simon, sous son emprise, va endosser une personnalité artificielle qu’il lui sera impossible d’assumer...

Les spectateurs invités à donner sur scène leur avis verront leurs solutions brouillées par un mauvais génie : tout ceci ne serait-il donc qu'une sinistre farce destinée à divertir d'obscures instances qui attendent que nous nous penchions enfin sur des problèmes dont nous n'entrevoyons même pas la formulation...

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